Novethic. Bâtiments écologiques : la France doit acquérir des compétences
Le bâtiment est un élément clef de la politique
climatique. Mais les critères de durabilité et de
performance énergétique ont été les grands absents
des écoles d'architecture et d'ingénieurs du
bâtiment.
Depuis le Grenelle, le marché du bâtiment écologique
a pris un virage drastique, du moins en termes
d’ambitions. Mais les compétences
suivent-elles ? « Un
architecte écologiste convaincu ne trouvera pas
forcément en France une entreprise performante pour
réaliser son projet »
déclare Marie-Hélène Contal, directrice adjointe de
l’Institut français de l’architecture. L’architecte
Bruno Mader, par exemple, concepteur d’un écomusée
dans les landes, a eu les pires difficultés à trouver
l’entreprise de charpente et les planches nécessaires
à son bâtiment, pourtant situé dans une région de
pins ! Ces derniers finissent en pâte à
papier...
« Il y a
un besoin évident de formation par rapport aux
objectifs du Grenelle, à tous les niveaux : de
la décision au contrôle, en passant par la
conception, la réalisation et la
maintenance »
affirme Etienne Couvreur, de l’INES-Formation
(Institut national de l’énergie solaire). L’an
dernier, Bouygues Immobilier a financé l’ouverture
d’un master Construction et Habitat
Durable avec l’Ensam et l’ESTP, dont ils recruteront
20% des diplômés. La construction durable touche plus
ou moins tous les acteurs du bâtiment,...
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NOVETHIC - Bâtiments écologiques _ la France doit
acquérir des compétences
Perpignan, première ville à «énergie positive»
21/01/2008
En 2015, 100 % des besoins des bâtiments résidentiels seront couverts par un bouquet d'énergies renouvelables.
C'est sur Google Earth qu'un fabricant suisse de tuiles photovoltaïques a repéré les 80 000 m² de toitures du marché international Saint-Charles de Perpignan, idéalement implanté dans la zone la plus ensoleillée de France. L'importance de la surface exposée est en effet déterminante pour compenser la faible production d'énergie solaire au m².
Dans la région de la fameuse centrale solaire Thémis, où de nombreuses éoliennes tirent profit de la tramontane, il n'a pas été difficile de convaincre les responsables du pôle de compétitivité languedocien Derbi (développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l'industrie) de devenir maître d'œuvre du futur chantier. Les travaux de transformation des entrepôts en producteur d'énergie démarreront en juillet. 11 millions de kW/h par an seront produits d'ici à 2010, puis 20 millions dans six ans. L'investissement de 55 millions d'euros est rentable pour les actionnaires privés de la plate-forme logistique, point fort du trafic de fruits et légumes entre le Maghreb et l'Europe, d'autant que l'électricité produite est achetée à son prix maximal par EDF.
Ce chantier solaire est le premier au monde dans son genre car il devance par sa taille deux unités en Allemagne et en Hollande, assurait même vendredi le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, à Jean-Louis Borloo. Le ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables était venu signer avec la communauté d'agglomération Perpignan-Méditerranée la première convention engageant une ville vers «l'énergie positive». C'est-à-dire la couverture de 100 % des besoins d'électricité par différentes énergies renouvelables d'ici à 2015. Ici, l'objectif est d'assurer toute la consommation résidentielle de l'agglomération (ou 86 % avec l'activité industrielle de Perpignan) pour un investissement de 500 millions avec un retour financier sur sept à dix ans.
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