Un jardin bio remplace les pelouses de la Maison Blanche
« Michelle Obama adore les gestes symboliques. Dans le potager biologique de la Maison Blanche, «il n’y aura pas de betteraves, Barack ne les aime pas, mais il y aura de la roquette», disait-elle il y a quelques mois. Quand son mari, alors en campagne électorale, avait mentionné son goût pour cette salade et son coût exorbitant devant des fermiers de l’Iowa, ceux-ci avaient fait les yeux ronds. Ils n’avaient jamais entendu parler de roquette. L’incident fut exploité par ses rivaux pour dénoncer le côté élitiste de Barack Obama. Un an plus tard, la First Lady remet la roquette au goût du jour. Vendredi, râteau en main, elle a inauguré le nouveau jardin de la Maison Blanche entourée d’écoliers de Washington.
Barack et Michelle ont depuis longtemps vanté les mérites de la nourriture biologique et des produits locaux sous les hourras des agriculteurs bio et des locavores, ces adeptes de produits frais cultivés localement, réjouis d’avoir enfin des alliés à la Maison Blanche. Les principales associations de défense de l’agriculture bio espèrent surtout que la nouvelle administration fera changer les mentalités au Congrès et modifiera le système de subventions agricoles qui privilégie, à leurs yeux, les grandes exploitations peu soucieuses de l’environnement. »
A quand des jardins bio cultivés par les services municipaux, les écoles et/ou les associations (cf projet de jardin partagé à Lodève) dans les jardins et espaces verts de nos mairies?
RUE89: La France, lanterne rouge de l'agriculture bio européenne
Les médias ne cessent d'en parler: tout le monde "se met au vert". Alors que le Salon de l'agriculture s'ouvre ce samedi, Rue89 a cartographié les terres bio en Europe et s'est rendu compte que la France est en retard dans ce domaine.
Tous nos grands voisins sont devant nous en terme de taille des terres bio: l'Italie est championne d'Europe (elle totalise le cinquième des surfaces), suivie de l'Espagne, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. La France est cinquième pays pour l'importance des terres, mais le 21e si l'on compte la part de la production biologique dans le total de l'agriculture (2%).
Ridicule si l'on nous compare par exemple à l'Autriche dont 13% des surfaces cultivées le sont en bio, l'Italie, la Lettonie et l'Estonie (9% pour les trois) ou encore la Grèce (8%). Et si l'on considère que la moyenne européenne est de 4 à 5% des terres cultivées en bio, on voit que la France, avec ses 2% est très loin du compte.(Voir la carte)
Certes, le dernier baromètre d'opinion sur le sujet dit que "malgré la crise 44% des Français ont consommé bio au moins une fois par mois en 2008". 22% déclarent qu'ils augmenteront leur consommation de produits bio dans les six prochains mois. Et, oh surprise, 76% de personnes interrogées déclarent que "l'agriculture bio est une solution d'avenir".
La France importe, l'Espagne exporte
Si la consommation ne cesse de progresser, c'est la production qui est insuffisante. La France doit importer une grande partie des produits bio qu'elle consomme tandis que l'Espagne en exporte l'essentiel.
La directrice de l'Agence bio, Elisabeth Mercier veut relativiser le retard français:
"L'histoire du bio en France est ancienne à travers des initiatives privées comme la mise au point du pain au naturel par Raoul Lemaire 1929, la création du réseau de magasins La Vie claire 1946 et la première reconnaissance en 1980 de la bio avec l'intégration dans la loi d'une agriculture sans produits de synthèses. On a été en pointe en Europe, y compris avec la création du label AB en 1985. Ce label a a facilité la vie des consommateurs, les Allemands ont créé BIO au début des années 2000 et les Italiens sont toujours en train de courir après le leur."
Œufs, huiles, vins, beaucoup de produits
Un
Danois dépense 85€ par an en produits bio, un
Autrichien 63€.
30% du lait acheté au Danemark est bio et 17% des
œufs le sont.
6% des pots pour bébé en Italie.
15% des pommes de terre en Autriche.
Les circuits de distribution varient beaucoup:
supermarchés en Europe du Nord et en Autriche,
discounters en Allemagne. Les magasins spécialisés
dominent en Italie, France, Allemagne, Espagne. La
vente directe est spécialement développée en Espagne,
Italie, France, Pologne, Irlande et représente 10%
des ventes totales de produits bio en Allemagne.
Ce
désordre européen doit cesser l'an prochain avec la
naissance d'un logo européen qui deviendra
obligatoire (et s'ajoutera en France à AB). En
attendant, il rend difficile toute comparaison entre
les niveaux de consommation bio des uns et des
autres. Elisabeth Mercier dresse un tableau de la
consommation de produits bio:
"On est en position médiane. L'Allemagne représente à
elle seule 30% de l'ensemble de la consommation bio
en Europe, devant le Royaume Uni, l'Italie et la
France. Les Danois et Autrichiens consomment beaucoup
bio mais ce sont de petits pays donc cela pèse peu.
La France a une grande diversité de produits avec le
pain, les huiles, les pâtes, les vins, fromages...
nous avons des savoir-faire. La part de marché du bio
est significative pour les œufs (11% du marché), le
lait (8%), les huiles, les fruits et légumes (2 à
3%), les compléments alimentaires... et certains
produits ne se trouvent qu'en bio comme le quinoa!".
Le défi principal, estime cette représentante du
groupement d'intérêt public rassemblant producteurs,
distributeurs, transformateurs et financée par les
pouvoirs publics (4,8 millions d'euros de budgets en
2008) c‘est "de développer la production dans tous
les produits et toutes les régions".
Pourquoi les agriculteurs français ont-ils tant de
mal à se mettre au bio alors qu'ils savent qu'ils
écouleront leur production sans problème? Il n'y a
qu'à voir ceux qui ont adhéré au réseau des
Amap
(Association pour le maintien d'une agriculture
paysanne):
ils vendent des paniers bio à des citadins et
frustrent leurs clients faute de pouvoir satisfaire
la demande.
Quelques
pistes de réflexion:
- les lobbies de la chimie sont bien plus présents et actifs en France qu'ailleurs, ils savent convaincre, via la FNSEA, les agriculteurs de la nécessité d'utiliser engrais et pesticides.
- la conversion vers l'agriculture biologique est lourde: elle nécessite un investissement en temps et argent, une prise de risque qui n'est pas assez soutenue estiment certains. Le "Plan agriculture biologique : horizon 2012" qui visait à tripler les surfaces en cinq ans a fait sauter le plafond de 7500 euros d'aide par exploitation depuis le 1er janvier dernier.
- un problème culturel: la France, vieille nation paysanne, aurait-elle du mal à s'adapter? Qu'en pensez vous?
Ailleurs sur le Web► Le baromètre de la consommation de produits bio en france en 2008► le blog des paniers bio► Le site des Amap
Le panier bio garni victime de son succès
LIBERATION -De notre correspondant à Nantes NICOLAS DE LA CASINIÈRE
samedi 3 mai 2008
C’est ce qui s’appelle être submergé. La formule des Amap - Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne - repose sur un principe simple : un consommateur préachète un panier de légumes ou de fruits bio à un producteur au plus près de chez lui, ce qui limite le transport et les dégâts sur l’environnement. Mais à court terme, ce circuit court a l’horizon bouché… Non pas qu’il manque de clients. Bien au contraire : les Amap peinent à fournir la demande de paniers hebdomadaires en vente directe, pour un prix de 12 à 15 euros (soit un panier composé d’un kilo de pommes de terre, un kilo de carottes, une botte de radis, un navet, de la salade, des betteraves et du persil). Le principe de ce réseau solidaire entre urbains et agriculteurs a été importé des Etats-Unis en 2001 par Daniel et Denise Vuillon, des maraîchers du Var en lien avec le réseau Attac d’Aubagne. Depuis, c’est la ruée chez les urbains.
Charte. Résultats, les paysans bio sont débordés et certains groupes s’ouvrent à des produits d’agriculture conventionnelle - pesticides et engrais chimiques compris. Ce que récuse la charte des Amap. «Toutes les chambres d’agriculture nous courtisent pour qu’on devienne un débouché pour des paysans conventionnels», témoigne Patrice Hurel, coordinateur du réseau nantais des Amap. «En Ile-de-France par exemple, il y a une grosse demande et assez peu d’installations bio, poursuit Julien Jouanneau, conseiller maraîcher bio en Loire-Atlantique après un poste similaire en région parisienne. Il y a désormais une dérive possible vers un genre de prestation commerciale qui évite le supermarché, mais sans l’exigence bio et la solidarité avec le paysan.» Car dans la charte Amap, il y a aussi l’obligation pour le client de s’investir auprès du producteur. En tenant la permanence hebdomadaire de livraison des paniers, en plantant les choux ou désherbant les carottes. Sans compter le pique-nique de fin de saison à la ferme. Une philosophie parfois un peu perdue de vue par les nouveaux adhérents urbains (lire ci-contre).
En Loire-Atlantique, la liste d’attente est estimée à 2 500 familles alors qu’un millier seulement est déjà membre d’Amap, avec une bonne douzaine de maraîchers bio du cru. Sans solution immédiate, l’attente commence à agacer les candidats à ces ventes directes par abonnement.«Le comble, c’est quand certains nous reprochent de ne pas avoir anticipé pour mieux structurer et étoffer notre filière ! tousse Vincent Delabouglise, président du Groupement des agriculteurs biologiques en Loire-Atlantique. Les consommateurs doivent justement faire pression sur l’évolution de la politique agricole pour que celle-ci aide vraiment l’installation et la conversion bio. C’est aussi le principe d’une économie solidaire entre villes et campagne.» ...
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Dépenses et types de magasins
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