Science & Vie. Innovation: Bouteille 100 % végétale !
La société Vegetal & Mineral Water va lancer cet été la production de la 1ère bouteille d’eau en bioplastique recyclable et intégralement compostable, issue de végétaux non transgéniques ! Elle sera élaborée à partir d’acide lactique polymérisé, issu du maïs, pour le corps du flacon et de la fécule de pomme de terre, pour le bouchon. L’étiquette en acétate de cellulose tient grâce à une colle végétale. Après un traitement spécifique, la dégradation totale et naturelle du produit se fait en moins de 3 mois… La fin de l’incohérence entre la pureté de l’eau et son contenant écotoxique est proche ! — Source : Science & Vie
« Cradle-to-cradle » marque l’empreinte écologique positive des produits 100% propres et recyclables
Même si quelques constats datent de 2007, cet article du magazine de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle nous rappelle que la "nouveauté" de ce concept "cradle-to-cradle" pour nous tire son origine de la création i y a 2 ans déjà de cette marque de la durabilité :
La durabilité est aujourd’hui à la mode. Le marché vert se développe rapidement et un modèle respectueux de l’environnement aide une entreprise à se démarquer de la concurrence. Les éco-concepteurs – une nouvelle race d’ingénieurs et d’architectes soucieux de l’environnement – repensent du tout au tout le cycle de vie des produits, depuis les procédés de fabrication industrielle jusqu’à ce qui se passe à la fin de la vie du produit. Leur but est de construire des usines non polluantes, qui fabriquent des produits non nocifs pour l’environnement et 100% recyclables, en concevant de nouvelles méthodes industrielles et en choisissant soigneusement chaque matière première qui entre dans la fabrication. Certains produits créés selon ces principes portent aujourd’hui une nouvelle marque de certification : Cradle to CradleTM (C2C).

La marque de certification C2C est la fille spirituelle de l’une des personnalités phares du mouvement, l’architecte et styliste industriel William McDonough, coauteur en 2002 avec son partenaire en affaires, le chimiste allemand Michael Braungart, de l’ouvrage "Cradle to Cradle". La vision de M. McDonough diffère de celle des écologistes traditionnels. Plutôt que de chercher à réduire la consommation, il veut susciter une nouvelle révolution industrielle : il s’agirait de réinventer les processus industriels afin de produire des solutions propres et de créer une industrie où "tout est réutilisé – soit retourné au sol sous forme de ‘nutriments biologiques’ non toxiques, soit retourné à l’industrie sous forme de ‘nutriments techniques’ pouvant être indéfiniment recyclés".
L’objectif est de remodeler l’industrie et l’architecture en imitant l’équilibre des écosystèmes naturels. Cela peut sembler un rêve impossible, mais des sociétés du Fortune 500 qui savent ce qu’elles veulent travaillent déjà avec lui.
Un tissu "que l’on pourrait manger sans risque"
En 2002, l’entreprise suisse Rohner Textil a fait la
une des journaux, réduit ses prix de revient et gagné
de nouveaux marchés en faisant équipe avec
M. McDonough et l’entreprise de style américaine
Designtex pour produire un tissu d’ameublement
biodégradable à l’inocuité totale : "on pourrait
le manger sans risque".

L’usine
textile Rohner respectait déjà la règlementation
suisse sur l’environnement, mais ses rognures de
coupe avaient été déclarées déchets dangereux. Pour
produire le nouveau tissu, Climatex® Lifecycle™, on a
fondamentalement revu chaque aspect de la production,
de l’espace de travail de l’usine à l’élimination de
toutes teintures et produits chimiques toxiques, en
passant par l’approvisionnement en matières
premières. On tisse la laine de moutons de
Nouvelle-Zélande élevés en liberté et la ramie, une
fibre cultivée de manière organique et importée des
Philippines. Le procédé de fabrication ne génère
aucun polluant. Après des tests approfondis sur 1600
teintures, le consortium n’en a retenu que 16
remplissant ses critères d’innocuité pour
l’environnement. Résultat, Rohner affirme que les
eaux usées rejetées par son usine sont plus propres
que l’eau qui l’alimente. Les rognures de coupe sont
recyclées auprès d’un consortium de producteurs de
fraises, qui utilise cette matière biodégradable
comme paillage couvre-sol et isolant. En outre, la
suppression de toute une paperasserie réglementaire a
réduit les frais généraux de production de 20%.
William McDonough commente : "notre nouveau
processus de conception n’a pas seulement contourné
les réponses classiques aux problèmes de
l’environnement (réduire, réutiliser, recycler), il a
aussi éliminé le besoin de réglementation, chose qui
pour un entrepreneur n’a pas de prix".
Habitat écologique
M. McDonough travaille aussi avec l’Association
chinoise du bâtiment, chargée par le Gouvernement
chinois de construire des logements pour 400 millions
de personnes sur les 12 années qui viennent – soit
sept villes nouvelles. Ensemble ils recherchent des
matériaux de construction sans danger pour
l’environnement, comme un polystyrène de BASF qui ne
contient aucun produit chimique dangereux et qui peut
servir "pour construire des murs solides, légers et
super isolants", déclare M. McDonough dans une
interview au magazine Newsweek. "Le bâtiment peut
être chauffé et rafraîchi pour presque rien. Il est
silencieux au point que même s’il y a 13 personnes
dans l’appartement du dessus, vous ne les entendez
pas".
Et des solutions pour l’habitat écologique, il en a
d’autres. Par exemple, il a conçu un siège de
toilette de luxe qui utilise seulement un léger nuage
d’eau et inclus dans ses plans une bambouseraie pour
l’assainissement et l’approvisionnement en bois. Il
transforme les toits en prairies, comme le "toit
vivant" de l’usine Ford à Rouge, qui purifie l’eau de
pluie et réduit les coûts énergétiques.
Le toit vivant

Planté
de sedum, le toit vivant de l’usine Ford de Rouge
contribue à réduire "l’effet thermique" urbain que
produisent d’importantes surfaces goudronnées et
pavées. Il isole également le bâtiment, diminuant
ainsi de 5% les frais de chauffage et de
rafraîchissement. Le sedum capte les poussières
présentes dans l’air, absorbe le dioxyde de carbone
et crée de l’oxygène. La structure sous-jacente du
toit étant ainsi protégée du rayonnement ultraviolet
et du choc thermique causé par l’alternance des
journées chaudes et des nuits froides, le toit
devrait durer au moins deux fois plus longtemps qu’un
toit classique, ce qui pourrait économiser plusieurs
millions de dollars de frais de remplacement.
Le sedum est planté dans une sorte de matelas composé
de quatre couches, qui collecte et filtre les eaux de
pluie et s’inscrit dans un système naturel de gestion
des eaux de ruissellement. Associant d’autres
éléments tels que pavements poreux, réservoirs en
sous-sol et zones humides d’épuration naturelle, ce
système diminue la quantité d’eau de ruissellement
qui se déverse dans la rivière Rouge, tout en
améliorant la qualité de l’eau. Même gorgée d’eau,
cette couverture végétale innovante pèse moins de 75
kg/m2.
(Source :
www.thehenryford.org)
Au bureau
On construit aussi selon les normes C2C des espaces
de bureau modulaires. Il est prouvé que le PVC
(chlorure de polyvinyle), omniprésent dans les
matériaux de construction, les revêtements de meuble
et les câblages, est cancérigène et nuisible à
l’environnement, aussi son utilisation est-elle
bannie dans tout produit certifié C2C. Les surfaces
de travail laminées en PVC sont remplacées par du
bois et on trouve des fournisseurs de câblages non
revêtus de PVC.
Beaucoup de peintures contiennent des composés
organiques volatiles (COV) et de ce fait libèrent des
toxines dans l’air pendant des années après leur
application, ce qui explique que des tests réalisés
par l’Agence de protection de l’environnement
montrent un air intérieur trois fois plus pollué que
l’air extérieur. Les éco-concepteurs ont travaillé
avec les industriels à la mise au point de peintures
sans COV, respectueuses de l’environnement, pour
leurs locaux de travail. Le défi est relevé
De nombreuses sociétés acceptent de relever le défi
de l’éco-conception. Des couches pour bébé au gazon
artificiel, des façades de bâtiments préfabriquées
aux sièges de bureau, la liste est longue et continue
de s’allonger.
Sylvie Castonguay, Rédaction, WIPO Magazine, Division
des communications et de la sensibilisation du public
Lire
aussi sur ce sujet l’article de Véronique Smée Mis en
ligne sur Novethic.fr le : 17/02/2009
« Cradle-to-cradle » :
l’empreinte écologique positive ?
Récupérer les matières pour les réutiliser à
l’infini, c’est le concept d’éco-conception
« cradle-to-cradle » (du berceau au
berceau), imaginé par l’architecte américain William
McDonough et Michael Braungart, chimiste allemand
spécialiste du cycle de vie des produits et ancien
activiste de Greenpeace.