Alternatives Economiques: Le bonheur, une idée neuve ?

La commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social - dite commission Stiglitz, du nom de son président - a rendu son rapport le mois dernier. Créée à l'initiative de Nicolas Sarkozy en janvier 2008, elle avait pour objectif de "réfléchir aux limites de notre comptabilité nationale (...) et à la meilleure manière de les surmonter pour que la mesure du progrès économique soit plus complète".
On peut sourire quand on sait que ce même Nicolas Sarkozy, quelques mois plus tôt, claironnait qu'il irait chercher un point de croissance supplémentaire
"avec les dents". Curieusement, sa conversion à la critique de la croissance est survenue au moment même où celle-ci se dérobait...
Trêve d'ironie, la vérité est bien que le produit intérieur brut (PIB) n'est plus un indicateur pertinent de la santé et du progrès de nos sociétés. Parce qu'il ne prend pas en compte la dégradation de l'environnement et qu'il ne dit rien des inégalités et du bien-être individuel et collectif. Le PIB augmente quand l'Etat dépense des millions d'euros pour ramasser les algues vertes. Il augmente aussi quand nous devons climatiser nos locaux faute de pouvoir ouvrir les fenêtres pour cause de bruit ou de pollution. Il augmente encore quand nous passons des heures en voiture pour nous rendre à notre travail...
Reste à savoir sur quoi va déboucher le travail de la commission Stiglitz. Et sur ce point, on peut formuler trois remarques et une réflexion. Tout d'abord, il serait non seulement vain, mais dangereux, de croire possible la création d'un nouvel indicateur miracle, apte à mesurer la "vraie croissance", en intégrant les dégâts du progrès via quelques conventions statistiques convertissant en monnaie ce qui n'a pas de prix. Pourquoi? Parce qu'il n'est pas possible, par exemple, d'évaluer la valeur de la biodiversité. Toute espèce qui disparaît a un coût infini puisque, par nature, elle est non substituable. Evaluer la qualité de notre vie présente et future suppose de mobiliser des indicateurs non monétaires, irréductibles les uns aux autres.
La seconde remarque est liée à la précédente: le choix des indicateurs pertinents est tout sauf technique. Il consiste à définir nos préférences collectives, à savoir dans quel monde nous voulons vivre ensemble. La question du choix des indicateurs doit être au coeur du débat démocratique.
Troisième remarque: il n'aura servi à rien de réfléchir à de nouveaux indicateurs si les priorités de l'action publique demeurent inchangées. Un exemple: une société qui cherche à maximiser le bien-être de ses membres devrait avoir d'autres priorités que de développer le travail dominical...
Une réflexion, enfin: l'enjeu n'est pas d'inventer une société du bonheur, comme l'ont dit trop rapidement certains médias. Le bonheur est une chose trop sérieuse pour être laissée aux économistes et aux politiques. En revanche, il est permis d'exiger d'eux qu'ils construisent un monde qui ne nous rende pas sa quête impossible.
Philippe Frémeaux

Alternatives Economiques -  n°284 - Octobre 2009

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Le Monde: Dans le Colorado, le " zéro déchet " est en passe de devenir une réalité

lemonde_pet24 septembre 2009

PROFIL
Si les Etats-Unis, parangon de la société de consommation, réussissent un jour à tirer profit de leurs montagnes de poubelles, ce sera grâce à lui. Regard pétillant, sourire jovial et barbe fleurie, Eric Lombardi est, à 54 ans, le pionnier américain du recyclage, le porte-drapeau des militants du " zéro déchet ". Un défi qu'il relève dans la ville de Boulder (Colorado), havre d'écologie posé au pied des montagnes Rocheuses.
Eric Lombardi y dirige Eco-Cycle, la plus grosse organisation de recyclage à but non lucratif des Etats-Unis : ses soixante salariés trient 50 000 tonnes de déchets par an, soit près de la moitié de ce que jettent les 300 000 habitants du comté. Le reste est transporté par camion et enterré dans une décharge, à quarante kilomètres de là.
Peut-être plus pour longtemps : la municipalité et le comté, engagés dans une démarche " zéro déchet ", viennent de voter, au mois d'août, l'agrandissement du complexe de recyclage ultramoderne géré par Eco-Cycle. Soit 8 millions de dollars (5,4 millions d'euros) d'investissement, ajoutés aux 14 millions de dollars (9,5 millions d'euros) déjà déboursés. Une politique financée par une des rares taxes locales du pays sur les déchets ménagers.
Eric Lombardi sait se montrer persuasif.

" J'ai une armée de huit cents volontaires prêts à occuper l'hôtel de ville en cas de besoin ", s'amuse-t-il. L'homme a des arguments, écologiques autant qu'économiques." Nous gagnons de l'argent que nous réinvestissons. Il y a un marché pour tous les types de déchets : papier, métal, gravats de chantier, compost... même les plus difficiles à recycler, comme les plastiques ou le polystyrène ", assure-t-il. Certains partent pour la Chine, la plupart restent aux Etats-Unis.
Pour lui,
" les décharges et les incinérateurs ne sont compétitifs que parce qu'ils ne payent pas au juste prix les dommages qu'ils infligent à notre santé, à l'environnement et aux ressources naturelles. En enterrant et en brûlant les ordures, on détruit à jamais ce qu'il faut d'urgence considérer comme des richesses à réintroduire dans l'économie ".
Tout a commencé à Boulder, en 1976. A la tête de la toute première association de recycleurs bénévoles des Etats-Unis, Eric Lombardi organise alors la collecte des déchets directement chez les particuliers.
" Le tri et le recyclage étaient trop nouveaux pour des élus qui n'aiment pas prendre de risques, et d'une rentabilité trop incertaine pour le secteur privé. L'initiative ne pouvait venir que de la communauté ", juge-t-il.
" Irresponsabilité "
Trente ans plus tard, en charge d'un outil professionnel, il crée la première organisation nationale militant pour le " zéro déchet " : le Grassroots Recycling Network.
" Je me suis dit que le recyclage n'était qu'un début. On sait d'où viennent les déchets : de l'irresponsabilité des industriels dans la conception de leurs produits, depuis les procédés de fabrication jusqu'aux emballages. "
Mobilisant des milliers de citoyens et des dizaines d'universités, le réseau engage une série de bras de fer très médiatisés avec les industriels pour les contraindre à rendre leurs produits réutilisables et à employer des matériaux recyclés. Des compagnies comme Coca Cola ou Dell sont obligées de céder. D'autres, comme Wall Mart, préfèrent se convertir avant d'être prises pour cibles.
Cofondateur de la Zero Waste International Alliance, Eric Lombardi porte désormais son message dans le monde entier. Avec un double argumentaire :
" Le recyclage intégral est le meilleur moyen pour une ville d'atteindre les objectifs de Kyoto. Mais c'est aussi un bon business, qui crée dix fois plus d'emplois qu'une décharge. " Sans oublier l'argument massue :" Les premiers à se lancer deviendront milliardaires ! "
Grégoire Allix © Le Monde
Boulder (Colorado) Envoyé spécial
Eric Lombardi y dirige une structure qui propose un " recyclage intégral " aux villes américaines
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Le Monde: Mon quartier, ma monnaie

lemonde_pet

Des devises qui riment avec crises


Londres Correspondante
Brixton, situé dans la partie sud de Londres, se dote, jeudi 17 septembre, d'une monnaie purement locale, à l'initiative d'une association environnementale


Les Anglais ne veulent pas entendre parler de l'euro. Pas question d'abandonner cette livre sterling si chère à leur coeur et qu'ils jugent si fondamentale pour leur identité. Mais l'on dirait qu'elle ne leur suffit plus totalement. En moins d'une semaine, deux nouvelles devises sont apparues outre-Manche. Le " Brixton pound " (B£) verra officiellement le jour jeudi 17 septembre au soir. La " Stroud pound " est née le 12 septembre.
Dans les deux cas, il s'agit d'une monnaie purement locale, que les consommateurs ne peuvent utiliser que dans un périmètre réduit, le quartier de Brixton au sud de Londres pour la première, la ville de Stroud dans le Gloucestershire pour l'autre. En 2007, Totnes dans le Devon avait ouvert la voie, suivie, en septembre 2008, de Lewes dans l'est de l'Essex.
La Banque d'Angleterre regarde sans doute avec un certain mépris ces expériences qui fleurissent ici ou là. Car ces

" devises locales ", comme les appellent les économistes, ne font que cohabiter avec l'indétrônable sterling. Elles n'ont rien d'une monnaie au sens traditionnel du terme. Elles en ont l'apparence - elles se présentent sous la forme de billets - mais la comparaison s'arrête là. Elles n'ont aucune valeur sur le marché des changes, et n'existent pas à l'extérieur des frontières dans lesquelles elles ont vu le jour. Elles sont un simple instrument d'échange au sein d'une communauté, qui permet une sorte de troc version papier. Et personne n'est obligé de les adopter.
" Nous avons imprimé 40 000 billets, de un, cinq, dix et vingt B£ ", ce qui représente plus de 100 000 livres (112 000 euros), explique Tim Nichols, qui a géré l'affaire à Brixton pour le compte de l'association environnementale Transition Town, à l'origine du projet.
Il y aura deux bureaux de change dans le quartier, où les volontaires pourront changer une livre sterling pour un Brixton pound. Et aller faire leurs courses dans les magasins qui acceptent de participer à l'aventure. La livre sterling qu'ils auront donnée en contrepartie sera précieusement conservée dans un coffre, dont la localisation est tenue secrète (de même que le montant exact de Brixton pounds émis) pour ne pas donner des idées aux cambrioleurs. De telle sorte qu'elle puisse à tout moment réintégrer le portefeuille de celui qui voudra se débarrasser de ses vrais faux billets.
Mais à quoi peut donc servir ce Monopoly grandeur nature ?
" D'abord à soutenir le commerce local ", répond M. Nichols. En ces temps de récession économique, l'initiative prend tout son sens. Les grandes surfaces et autres chaînes qui pullulent dans les rues de Londres rendent la vie difficile au café ou à l'épicier du coin. C'est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui, un Tesco ou un Sainsbury's (grandes chaînes de supermarchés britanniques) vend tous les produits exotiques qui ont longtemps fait la spécificité du quartier de Brixton, et de ses fameux commerces jamaïquains ou indiens.
Selon l'étude d'un groupe de recherches, la New Economics Foundation, l'argent qui est investi dans l'économie de proximité circule jusqu'à trois fois plus que lorsqu'il est dépensé auprès d'une entreprise nationale. Il est réutilisé dans le quartier bien plus souvent que s'il finit dans les caisses d'un Starbucks ou d'un Marks & Spencer. Et dès lors, il y génère de la croissance supplémentaire.
En faisant le choix des Brixton pounds, le consommateur s'oblige à acheter local. Le commerçant qu'il a choisi va à son tour dépenser en Brixton pounds. C'est du reste inévitable : personne ne peut faire " travailler " cet argent bien particulier sur un plan d'épargne...
" In fine, estime M. Nichols,cela aura aussi des répercussions sur l'empreinte carbone de Brixton, puisque de plus en plus de produits qui y seront achetés y auront également été produits. "
Encore faut-il qu'il y ait suffisamment d'acteurs impliqués. Pour l'heure, 800 particuliers, réunis dans un club de supporteurs du projet, se sont engagés à acheter au moins 10 B£. C'est peu si l'on songe que plus de 70 000 personnes vivent à Brixton. Mais il faudra attendre quelques semaines pour mesurer la dynamique de l'opération. A Lewes comme à Totnes, les organisateurs en sont déjà à leur deuxième, voire troisième émission de devises locales.
Côté entreprises, les débuts du Brixton pound laissent également une marge de progression. Pour l'heure elles sont 70 à avoir décidé de jouer le jeu, sur un total de plus de 600.
" Cela représente un tiers des acteurs locaux ", précise M. Nichols.
Ils restent nombreux à manquer à l'appel. Le cinéma Ritzy, un emblème du quartier depuis 1911, aurait bien tenté l'expérience. Mais le groupe Picture House, qui l'a racheté dans les années 1990 a refusé. Le monde caribéen, lui, s'est montré particulièrement réticent. Les coiffeurs notamment, qu'on trouve tous les cent mètres, n'ont pas adhéré. Peut-être le célèbre disquaire jamaïquain Blacker Dread Records, qui a sauté le pas, saura-t-il les faire fléchir. Tout comme le café des îles, le Negril, un autre lieu hautement symbolique de Brixton.
Sur le marché, on est plus que sceptique derrière les étalages colorés.
" Confus ", tranche un boucher." C'est déjà difficile de gagner du vrai argent aujourd'hui, alors de la monnaie de singe... ", ajoute un poissonnier." Comment je vais payer mes fournisseurs si je prends des Brixton pounds ? ", interroge d'un ton railleur un marchand de fruits et légumes.
A Totnes, Lewes ou Stroud, il aurait peut-être pu s'engager. Ces trois villes de moins de 10 000 habitants, sont situées dans des zones rurales, dont les populations, désireuses de conserver leur identité, ont accueilli avec enthousiasme les nouvelles devises.
Lewes est entourée d'agriculteurs qui alimentent son célèbre " farmers'market ". A Totnes, également en pleine campagne, les bobos londoniens ont imprimé leur marque. Et le bio y est plus en vogue que jamais. Stroud, niché dans les collines, s'est fait une spécialité de la culture du café. Après tout, Brixton a d'autres atouts : on commence à y voir des potagers dans les jardins, et des tomates ont fait leur apparition sur les balcons.
Virginie Malingre
18 septembre 2009
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"La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale"

"La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale"
LEMONDE.FR | 03.09.09 | 11h35  •  Mis à jour le 03.09.09 | 14h16

35366338333138393438613564333830Alors que se tient, jusqu'au 4 septembre, à Genève, la Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre, une étude sur les conséquences du réchauffement de l'Arctique.
"NOUS FONÇONS VERS L'ABÎME"

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est alarmé jeudi 3 septembre à Genève de l'accélération du réchauffement climatique. "Nous avons le pied collé sur l'accélérateur et nous fonçons vers l'abîme", a lancé M. Ban devant la 3e Conférence de l'ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine. Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de l'Arctique où il a constaté les ravages du changement climatique, a averti que "ce qui se produit maintenant" devait arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques. "Les scientifiques ont été accusés pendant des années d'être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent que l'on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique", a-t-il déclaré.

Rapport de WWF sur le réchauffement de l'Arctique
L'étude conduite par le WWF s'est penchée sur le rôle de l'Arctique en matière de changement climatique. En quoi l'Arctique est-il déterminant pour le climat ?
L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la Terre. C'est quelque chose qui est observé aujourd'hui et à propos duquel on n'a pas forcément tous les éléments d'explication. On sait néanmoins que du fait de l'inclinaison de la Terre, c'est une zone particulièrement exposée au Soleil, surtout pendant la période d'été. Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu'à présent, les glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de chagrin au profit de l'océan Arctique, ce dernier, de par sa couleur plus sombre, n'a plus ce rôle de réflexion des rayons solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et du gaz carbonique qu'ils contiennent. Cela joue aussi comme un accélérateur du changement climatique.
Enfin, l'océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie sa salinisation, parce qu'il contient de plus en plus d'eau douce. Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet notamment d'adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.
Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu'une hausse des océans de plus d'un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?
Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d'ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d'un mètre et menacer jusqu'à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en 2007. Tout montre que c'est ce scénario qui se profile si rien n'est fait. L'augmentation du niveau de la mer ne sera pas la même partout à la surface du globe mais variera d'un continent à l'autre, d'une ville côtière à l'autre. Seront particulièrement menacées les populations des grandes mégalopoles des zones côtières, sur le sous-continent indien – le Bangladesh étant l'exemple le plus connu –, en Asie du Sud-Est, en Chine, en Indonésie, mais aussi en Amérique latine, où une grande partie de la population vit sur les côtes, en Amérique centrale. Or ces grandes mégalopoles ne sont pas forcément préparées comme en Europe, où, par exemple aux Pays-Bas, on a les moyens et la technologie nécessaires pour construire des digues afin de protéger la population. De plus, dans les grandes mégalopoles des pays pauvres, beaucoup de gens vivent dans les bidonvilles. Ces populations seront les plus vulnérables aux inondations.
Un autre phénomène à prendre en compte est qu'il y a des terres qui ont tendance à s'enfoncer, ce qui accentue les risques d'innondations dans les zones côtières. C'est notamment le cas dans les îles du Pacifique comme Tuvalu ou Vanuatu, où les populations locales vont devoir quitter leur pays d'origine pour s'installer ailleurs. L'eau salée commence déjà à s'infiltrer à l'intérieur des terres, les rendant de plus en plus difficiles à cultiver.
Comment empêcher cette "spirale du réchauffement" ?
Le WWF a revu ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Nous demandons aujourd'hui des objectifs beaucoup plus ambitieux pour le sommet de Copenhague
[qui, en décembre, doit parvenir à un accord sur la suite à donner au protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012], à savoir une baisse de 80 % des émissions d'ici à 2050, au niveau mondial, pour tous les pays. Les pays industrialisés ayant une responsabilité historique, il faut qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici à 2020 et qu'ils stoppent la croissance de ces émissions dès 2015. De toute façon, le réchauffement climatique a déjà lieu. Il y a une forte concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et le CO2 qui y est stocké va y rester pendant plusieurs années. L'objectif, désormais, est de limiter l'ampleur du réchauffement climatique à deux degrés sur l'ensemble du siècle. Car au-delà, il risque d'y avoir des impacts irréversibles.
La France s'est engagée à une réduction de ses émissions d'au moins 30 % d'ici à 2020. Nous estimons donc que ce n'est pas assez. D'autant que cet objectif, comme celui que s'est fixé l'Union européenne, est conditionnel : il est lié à l'obtention d'un accord jugé satisfaisant lors du prochain sommet de Copenhague. Un des critères étant que la Chine s'engage elle aussi à une baisse de ses émissions chiffrée et ambitieuse. Sinon, l'objectif de réduction des gaz à effet de serre d'ici à 2020 ne sera plus que de 20 %.
Propos recueillis par Hugo Lattard
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