Mesures pour les PME et crise financière / Crédit Impôts Recherche (CIR)
Madame le Ministre Christine Lagarde a annoncé à deux
reprises des mesures en faveur des PME, afin de leur
permettre de continuer à se financer durant cette
période où les liquidités se font rares.

Parmi tant d’autres, les sociétés NTIC, dont
l’activité repose principalement sur la recherche,
sont très dépendantes des investissements. Comme nous
l’avions évoqué précédemment, l’implosion du système
financier aura des répercussions sur la capacité de
ces jeunes pousses à lever des fonds.
La France propose déjà des mesures en faveur des
entreprises effectuant de la R&D, comme le Crédit
Impôts Recherche (CIR). Calculé sur la base des
dépenses en personnel et en matériel affectés à la
recherche, il est imputable sur l’IS ou remboursable
en cas d’IS inférieur au montant du crédit ou en cas
de pertes.
Hélas, force est de constater que cette mesure - par
ailleurs tout à fait louable - est mal appliquée : le
crédit d’impôts, calculé sur l’année passée fait
l’objet d’un délai de remboursement très variable :
de 2 semaines à plus de 6 mois, en fonction de
critères obscurs ou sans véritable raison.
Or, c’est précisément le fond de roulement des
entreprises innovantes qui est impacté par ce
remboursement retardé, fond de roulement actuellement
difficile à financer par un prêt relai ou par de
l’investissement institutionnel.
Quitte à proposer de nouvelles mesures, autant
parfaire l’existant ; voici quelques propositions en
ce sens :
-
Créer un CIR à la source : calculé chaque trimestre au moment du règlement des cotisations sociales, il serait supporté par les organismes sociaux avant d’être ré-imputés par Bercy. Les entreprises gagneraient ainsi plus d’un an de trésorerie.
-
Signifier clairement la validité d’un dossier de CIR et prévoir par la loi un délai maximum de règlement : les entreprises pourront ainsi plus facilement négocier un prêt relai auprès de leurs banques pour maintenir leur trésorerie à flot.
-
Relever le taux du CIR pour les premiers exercices (quitte à le diminuer par la suite pour équilibrer le budget) : la période critique est dans les premières années ; que des multinationales bénéficient de ce dispositif est important pour maintenir une recherche appliquée française ; qu’elles l’utilisent pour maximiser leur rentabilité alors que des jeunes entreprises innovantes peinent à démarrer, c’est illégitime.
