La crise financière commence à se répercuter sur l'activité des PME
14/04/08 20:40
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Le Monde
(...)"On entre vraiment dans la crise", a déclaré, lundi 13 octobre, Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, au quotidien Les Echos. Sur le terrain, plusieurs indicateurs montrent que la crise financière produit ses premiers effets sur une économie "réelle" qui avait déjà commencé à s'essouffler.
Les premiers jours d'octobre ont été très mouvementés au tribunal de commerce de Rodez (Aveyron). Les dossiers de redressement judiciaire ont afflué, plus particulièrement dans le secteur du bois et de l'ameublement : Espalux, ITA, Combettes, Société aveyronnaise de fabrication industrielle de parquets... Pour Manuel Cantos, président du tribunal, deux facteurs jouent : "Le nouveau comportement des jeunes ménages qui n'investissent plus dans l'achat de meubles de qualité et, surtout, un contexte économique général très difficile, pratiquement au point mort."
L'usine Bosch de Rodez, plus gros employeur du département (près de 2 000 salariés), a annoncé quinze jours d'arrêt de la production d'ici à la fin de l'année (au lieu des dix prévus initialement). "Sans être alarmiste, commente M. Cantos, toutes les conditions sont réunies pour assister à une crise. Les carnets de commandes sont vides, les gens ne consomment pas et les banques ne soutiennent plus les entreprises en liquidités." (...)
En fermant le robinet financier, les organismes de leasing contraignent les transporteurs à annuler leurs achats. Et les ventes de remorques neuves sont d'autant plus perturbées que les sociétés de leasing ont l'occasion de récupérer des matériels auprès des (nombreuses) entreprises de transport défaillantes.
A la tête d'une entreprise de promotion immobilière dans la métropole lilloise, Bruno, qui témoigne anonymement, décrit la dégradation du climat dans son secteur : "Les clients qui achètent chez nous doivent au préalable revendre leur maison précédente, avec souvent un prêt relais. Mais les banques ont coupé ces prêts. Du coup, nos clients renoncent, quitte à perdre leur acompte. Pour l'instant nous continuons les programmes vendus pour l'année 2009 mais pas question de remettre autre chose en chantier."
Conséquence directe, les maçons, charpentiers ou électriciens sous-traitants de ce promoteur voient leurs commandes se tarir. "En maçonnerie, nous travaillons avec une PME de trente salariés. Cette entreprise fonctionne avec deux équipes, dont une de seize ouvriers qui travaillent pour nous. Nous avons déjà décidé de réduire cette équipe à huit personnes... Cette PME a encore six mois d'activité pour nous, mais on prévoit d'arrêter ensuite." (...)
Exerçant dans le secteur "préservé" des nouvelles technologies - la protection des noms de domaines et la propriété intellectuelle sur Internet -, Charles Tiné, directeur général de Mailclub à Marseille, doit rassurer ses salariés qui "ont la trouille, se demandent ce qui va se passer". (...)
Président d'Arkeon Finance, une société de 50 salariés implantée en Ile-de-France, Robert de Vogüe constate le "retour des chèques non signés"(...) Autre astuce : la signature qui déborde sur la bande blanche, obligeant la banque à traiter manuellement le chèque, "ce qui fait gagner quelques jours".
Le Monde . Services économie et France avec nos correspondants
(...)"On entre vraiment dans la crise", a déclaré, lundi 13 octobre, Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, au quotidien Les Echos. Sur le terrain, plusieurs indicateurs montrent que la crise financière produit ses premiers effets sur une économie "réelle" qui avait déjà commencé à s'essouffler.
Les premiers jours d'octobre ont été très mouvementés au tribunal de commerce de Rodez (Aveyron). Les dossiers de redressement judiciaire ont afflué, plus particulièrement dans le secteur du bois et de l'ameublement : Espalux, ITA, Combettes, Société aveyronnaise de fabrication industrielle de parquets... Pour Manuel Cantos, président du tribunal, deux facteurs jouent : "Le nouveau comportement des jeunes ménages qui n'investissent plus dans l'achat de meubles de qualité et, surtout, un contexte économique général très difficile, pratiquement au point mort."
L'usine Bosch de Rodez, plus gros employeur du département (près de 2 000 salariés), a annoncé quinze jours d'arrêt de la production d'ici à la fin de l'année (au lieu des dix prévus initialement). "Sans être alarmiste, commente M. Cantos, toutes les conditions sont réunies pour assister à une crise. Les carnets de commandes sont vides, les gens ne consomment pas et les banques ne soutiennent plus les entreprises en liquidités." (...)
En fermant le robinet financier, les organismes de leasing contraignent les transporteurs à annuler leurs achats. Et les ventes de remorques neuves sont d'autant plus perturbées que les sociétés de leasing ont l'occasion de récupérer des matériels auprès des (nombreuses) entreprises de transport défaillantes.
A la tête d'une entreprise de promotion immobilière dans la métropole lilloise, Bruno, qui témoigne anonymement, décrit la dégradation du climat dans son secteur : "Les clients qui achètent chez nous doivent au préalable revendre leur maison précédente, avec souvent un prêt relais. Mais les banques ont coupé ces prêts. Du coup, nos clients renoncent, quitte à perdre leur acompte. Pour l'instant nous continuons les programmes vendus pour l'année 2009 mais pas question de remettre autre chose en chantier."
Conséquence directe, les maçons, charpentiers ou électriciens sous-traitants de ce promoteur voient leurs commandes se tarir. "En maçonnerie, nous travaillons avec une PME de trente salariés. Cette entreprise fonctionne avec deux équipes, dont une de seize ouvriers qui travaillent pour nous. Nous avons déjà décidé de réduire cette équipe à huit personnes... Cette PME a encore six mois d'activité pour nous, mais on prévoit d'arrêter ensuite." (...)
Exerçant dans le secteur "préservé" des nouvelles technologies - la protection des noms de domaines et la propriété intellectuelle sur Internet -, Charles Tiné, directeur général de Mailclub à Marseille, doit rassurer ses salariés qui "ont la trouille, se demandent ce qui va se passer". (...)
Président d'Arkeon Finance, une société de 50 salariés implantée en Ile-de-France, Robert de Vogüe constate le "retour des chèques non signés"(...) Autre astuce : la signature qui déborde sur la bande blanche, obligeant la banque à traiter manuellement le chèque, "ce qui fait gagner quelques jours".
Le Monde . Services économie et France avec nos correspondants
